Morts des migrants en Méditerranée : Le Conseil européen de la honte - chronique pour le Travailleur alpin

Morts des migrants en Méditerranée : Le Conseil européen de la honte - chronique pour le Travailleur alpin

Depuis des années maintenant, les chiffres macabres s'ajoutent les uns aux autres. Sans doute désormais, plus de 30 000 personnes (hommes, femmes et enfants) ont trouvé la mort en Méditerranée au cours des 20 dernières années.

Il a fallu le naufrage d'un bateau, dans la nuit du 18 au 19 avril, provoquant la mort de 700 personnes enfermées à fond de cale pour que le Conseil européen se décide enfin à réagir du moins l'espérions-nous a minima après l'annonce d'une réunion extraordinaire dudit Conseil le 23 avril.

Mais il n'en fut rien au delà de quelques effets d'annonces, mensongers de surcroît, sur le sauvetage en mer. D'extraordinaire, ce Conseil n'a eu que le nom et l'on n'a pu que constater le renforcement des mesures existantes  avec notamment l'accélération des procédures de retour. Et une seule responsabilité celle des passeurs et des trafiquants que l'on est prêt à traquer au besoin par des moyens militaires jusque dans les ports libyens.

Or, la principale responsabilité est pourtant bien celle des Etats membres de l'Union européenne dont un certain nombre ont pour le moins quelques responsabilités dans la situation tant au Moyen Orient qu'en Libye. Eux qui demandent toujours plus de traques aux migrants via des opérations policières comme Mos Maïorum, le PNR  européen et désormais Smart Borders  au mépris des droits y compris des citoyens européens. Eux qui sont à l'origine de l'Europe forteresse et de son verrouillage de plus en plus hermétique qui ne laisse d'autres choix à ceux qui cherchent refuge en Europe que de prendre encore et toujours plus de risques. Eux qui refusent tout budget européen autre que sécuritaire. Eux qui ne respectent même plus le droit d'asile et n'acceptent pas, pour la plupart, de réinstaller des réfugiés notamment syriens. Moins de 50 000 accueillis dans l'UE pour 4 millions dans les pays limitrophes de la Syrie. Et François Hollande ose se gargariser de faire un effort en faisant passer le nombre de Syriens accueillis en France de 500 à 700. Et j'en passe....

Alors oui, il s'agit bien d'un Conseil de la honte comme l'ont souligné toutes les ONG. Après quoi Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne, a quand même mis en cause, devant le Parlement européen, l'incohérence des Etats membres et  leur manque de solidarité.

Et aujourd'hui, on communique désormais beaucoup sur les sauvetages en mer : plusieurs centaines chaque semaine faisant croire à l'arrivée de flux massifs de migrants vers l'Union européenne. En réalité, 25 00 personnes sont arrivées en Italie depuis le début de l'année, soit exactement le même chiffre que sur la même période en 2014 ce qui à l'échelle des 500 millions d'habitants de l'UE n'est finalement pas grand chose.

Alors oui, il est plus que temps de proposer d'autres politiques européennes en matière migratoire comme l'a fait la GUE/NGL à Strasbourg le 20 mai dernier passant notamment par une opération massive de sauvetage en mer, l'ouverture de voies légales pour les réfugiés et les migrants, l'arrêt des procédures de refoulement, le refus de toute coopération avec des pays qui ne respectent pas les droits de l'Homme,...

Les migrations font partie de l'Histoire de l'Humanité. Elles ont toujours exister et au moment où la mondialisation fait tant de dégâts, il serait temps de voir que la liberté de circulation ne peut être l'apanage que des capitaux, des marchandises, des services et des seuls êtres humains privilégiés qui en ont les moyens. Cela passe aussi par une autre répartition des richesses et d'autres relations avec les pays du Sud.

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche