Orban et les dérives il-libérales - Travailleur Alpin

Orban et les dérives il-libérales - Travailleur Alpin

Je vous invite à lire ma contribution pour le numéro d'octobre du Travailleur Alpin au sujet de l'Etat de droit en Hongrie et de la dérive illibérale du gouvernement Orban.

Cet article fait suite au vote du Parlement européen en faveur du déclenchement de l'article 7 des traités et de la procédure de sanctions d'un Etat membre qui ne respecte pas la démocratie et les valeurs de l'UE.

Orban et les dérives il-libérales 

La condamnation de Victor Orban est un heureux symbole. Qui ne doit pas masquer les réalités.

Le Parlement européen a une nouvelle fois condamné les dérives liberticides du Premier ministre hongrois, mais c’est la première fois qu’il demande au Conseil d’enclencher la procédure de l’article 7 des traités européens. Elle permet de prendre des sanctions contre un Etat en cas de manquement grave aux valeurs dites de l’UE, notamment en matière d’état de droit, de démocratie et de droits de l’Homme.

Il faudra l’unanimité du Conseil européen, l’assemblée des chefs d’Etat et de gouvernement, pour que la procédure démarre. C’est donc avant tout un vote symbolique et nul ne doute des considérations tactiques de députés de droite à la veille des élections européennes.

Je suis fière d’avoir porté la parole de la GUE/NGL dans ce débat et d’avoir été suivie dans le vote par l’immense majorité des membres de mon groupe. Car oui, il y a une régression spectaculaire des droits en Hongrie pour la justice, la presse, l’éducation, le droit d’asile et les droits des migrants, pour les ONG soupçonnées d’être vendues au milliardaire Soros…

Et si les dérives de Viktor Orban avaient été condamnées dès l’origine en 2010 comme l’avait demandé une majorité au Parlement européen, nous n’en serions sans doute pas là aujourd’hui.

Le Premier ministre hongrois fait partie de ceux qui ont ouvert les vannes et le Parti populaire européen a pris la responsabilité de le « protéger » jusqu’au vote du 12 septembre. Il n’y a pas pour autant deux blocs l’un face à l’autre : l’Europe des progressistes contre celle des nationalistes comme cherche à le faire croire Emmanuel Macron.

C’est bien cette Europe austéritaire, ultralibérale qui a fait le lit des nationalismes et de l’extrême droite quasiment dans tous les pays européens.

Pire, l’instrumentalisation de la question migratoire par nombre de gouvernements fait tâche d’huile

Lors de ce vote, la gauche européenne ne devait pas donner l’impression qu’elle alliait ses voix à celles de l’extrême- droite. Nous ne pouvons partager la vision « illibérale » de V. Orban pour qui la démocratie se limite la conquête d’une majorité politique. Juste la loi du plus fort, exactement ce que nous dénonçons en France avec Emmanuel Macron. Nous avons pris nos responsabilités et nous avons fait pencher la balance (1) du côté du respect des principes fondamentaux de la démocratie. Pour autant, n’ayons aucune illusion (2) et sachons utiliser cette hypocrisie lors de la prochaine campagne électorale et la façon d’appréhender la question migratoire sera effectivement au coeur des débats (3).

 

 

1 La majorité des 2/3 des suffrages exprimés nécessaires pour ce vote n’a été atteinte que de 18 voix.

2 Le même jour, Jean-Claude Juncker annonçait plusieurs projets législatifs visant à durcir la législation européenne en matière migratoire et notamment la fameuse directive « retour » dénoncé en 2009 comme la directive de la honte

3 Pour en savoir plus, mon interview dans l’Humanité : https://www.humanite.fr/hongrie-marie-christine-vergiat-cest-un-signalpolitique-fort-660602 Et mon intervention en séance plénière le 11 septembre : http://www.eurocitoyenne.fr/content/etat-de-droit-en-hongrie-mr-orban-ce-sont-les-libertes-et-la-democratie-que-vous-mettez-bas

 

 

 

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