Où va l'Europe ? - chronique pour le Travailleur alpin

Où va l'Europe ? - chronique pour le Travailleur alpin

Travailleur alpin, octobre 2015 : Ma dernière tribune s'inquiétait des évolutions européennes après le chantage honteux auxquels se sont livrés les États membres de la zone euro sur la Grèce osant soumettre les résultats du référendum grec à la logique des Traités.

Depuis lors, Alexis Tsipras a une nouvelle fois remporté les élections.

Les esprits chagrins diront que SYRIZA a fait un moins bon score qu'en janvier dernier (35,5 % contre  36,3 % en janvier dernier et 145 sièges au lieu de  149 en janvier) et qu'il y a eu un fort taux d'abstention (43 % contre 36% en janvier).

Chacun peut se faire un jugement mais il convient tout de même de relativiser ces chiffres. Syriza a largement devancé Nouvelle Démocratie qui n'a donc pas bénéficié de l'abstention, et Unité populaire n'a pas su (pu) convaincre qu'ils représentaient une alternative et ne seront pas représentés à la Vouli.  Nous pouvons regretter qu'Aube dorée ait un peu conforté son score, passant de 6,3% à 7%. Nos histoires ne sont pas les mêmes mais, nous Français, qui nous heurtons à des scores du Front national bien plus importants, n'avons guère de leçons à donner en ce domaine.

Les électeurs grecs ont tranché et, plus que jamais, la Grèce a besoin de notre solidarité.

Ne passons donc pas plus de temps à critiquer le gouvernement grec et à dire ce qu'ils auraient dû faire qu'à mettre en cause ceux qui les ont mis dans cette situation.

Félicitons-nous aussi du résultat de nos amis portugais, Bloco de Esquerda et Parti communiste portugais, qui ont rassemblé près de 20% des voix lors des élections du 4 octobre.

Soutenons nos camarades espagnols et nos camarades irlandais qui seront les prochains à affronter des élections législatives.

Luttons ensemble contre ces politiques austéritaires mortifères et dénonçons le rôle de nos gouvernements nationaux qui sont les premiers responsables de ces politiques comme ils sont les premiers responsables de l'incapacité de l'UE à répondre à ce qu'il est convenu d'appeler la crise des réfugiés.

Le Conseil de l'Union européenne nous offre de ce point de vue, réunion après réunion, un triste spectacle. Depuis des semaines, nos gouvernements tergiversent pour accueillir quelque 160 000 réfugiés, soit 0,26% des réfugiés et déplacés dans le monde.

Et au lieu de dénoncer le populisme, on continue d'alimenter les peurs et de nourrir le fantasme de l'invasion. C'est la fermeture des frontières qui a créé cette situation.

Et ce sont les mêmes gouvernements qui diminuent leur aide au développement, leur aide humanitaire et sont même pour certains d'eux à l'origine de ces situations par leurs comportements bellicistes.

Où sont les valeurs européennes dont ils continuent de se gargariser ? Ils nous font honte et construire des murs ne fera qu'aggraver les choses.

L'Europe forteresse a déjà coûté 13 milliards d'euros. Cet argent aurait pu être utilisé autrement et nous n'en serions certainement pas là.

Plus que jamais nous avons besoin d'une autre Europe, qui sache conjuguer le sens de la responsabilité, de la solidarité, de la justice sociale et le respect du droit international.

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche