Tribune pour le patriote n°2 - Ils veulent se débarrasser des peuples

Tribune pour le patriote n°2 - Ils veulent se débarrasser des peuples

Décidemment, l'actualité résonne plus que jamais de musique européenne mais la partition n’est pas bonne et les couacs se répètent de plus en plus rapidement.

De Sommet en Sommet, les dirigeants européens arrivent de moins en moins à masquer leur impuissance et ne sont obsédés que par une seule question : comment imposer toujours plus d'austérité à leurs peuples.

Nous sommes nombreux en France à avoir combattu et rejeté le Traité constitutionnel. Nous étions même majoritaires mais ils ont passé outre et nous ont imposé le Traité de Lisbonne par la voie parlementaire et aujourd'hui cela ne suffit pas plus. Ils ont inventé un nouvel outil magique : la modification des Traités pour y intégrer la fameuse règle d'or sur l’encadrement des déficits et des dettes publiques. On constitutionalise ce qui a été déjà mis en place dans le « Paquet gouvernance ». Et donc, dans les faits, rien de nouveau. Juste un petit psycho drame avec nos amis britaniques mais ils ne sont pas dans la zone euro comme 8 autres membres de l’Union européenne….. Il n’y a donc rien de nouveau en ce qui concerne l’Europe à plusieurs vitesses

C’est donc une nouvelle fuite en avant avec les résultats que l’on sait pour les précédentes phases. Les pays européens s’enfoncent dans la crise, dans la récession même et c’est aux peuples que l’on demande chaque jour de payer un peu plus les conséquences de cette crise qui n’est pas la leur. Comment s’étonner alors qu’ils pourraient imposer cela avec l’aval de leurs peuples ?
La voie trouvée est donc de ballonner peu à peu les peuples européens et leurs représentants que sont les parlements nationaux et européen. Si les Etats-membres ne respectent pas la sacro-sainte règle d’or, les sanctions seront quasiment automatiques.

Alors oui, il est plus que temps de dire, de hurler que si on en est là, c’est de leur faute. Depuis près de 40 ans, ils démantèlent les Etats et leurs outils de régulation. Qui a retiré leur pouvoir de battre monnaie aux banques centrales ? Qui a levé la séparation entre banques de dépôts et banques d’investissement ? Qui a voulu que la banque centrale européenne soit indépendante ? Qui n’a comme seul souci de répondre sans cesse plus aux injections des banques et leur agences de notation ? Cela ne mérite même pas de réponse…

Aucune leçon n’a été tirée de la crise de 2008. Après quelques cris d’orfraie (souvenez-vous de Nicolas Sarkozy voulant réformer le capitalisme), cris bien vite remballés, ils ont laissé la spéculation se déplacer de la dette privée vers la dette publique.

Leurs Sommets ne sont que mascarades pour tenter de faire croire à l’opinion publique qu’ils agissent mais ils n’arrivent de moins en moins à masquer leur impuissance. Le spectacle qu’ils nous infligent à Bruxelles et à Strasbourg est consternant.

Aucune solution alternative n’est réellement posée sauf bien sûr sur les bancs de la GUE/NGL.

Nul n’ose dire que ces crises, dont ils nous bassinent depuis plus de 30 ans n’ont eu qu’un effet majeur : accroitre les inégalités. Et en France, nous avons désormais le triste privilège d’avoir les patrons les mieux payés d’Europe. Il n’est plus possible de nier que la pauvreté s’aggrave. Plus de 160 millions de personnes sont désormais menacés de pauvreté selon les termes même d’un rapport récemment adopté au Parlement européen et c’est le moment qu’ils ont choisi pour tenter de casser l’aide alimentaire de l’UE au plus démunis. Un scandale en soi qui est loin d’être définitivement réglé puisque nous n’avons pu obtenir pour le moment qu’un délai supplémentaire de 2 ans.

Il n’y a pourtant pas de fatalité. Trois exigences surgissent de plus en plus fort ; refus de la régression sociale, libération de la soumission aux marchés, soif de démocratie. Nous travaillons pour créer de grands réseaux européens entre partis politiques, mouvements syndicaux et associations auxquels doivent pouvoir se joindre tous ceux et toutes celles qui ne supportent plus cela. C’est le défi majeur qui nous attend pour demain. A ceux qui disent fermons nos frontières, nous répondons ouvrons nous aux autres, faisons preuve de solidarité et travaillons ensemble à d’autres politiques européennes notamment au plan fiscal et social. Redonner l’espoir pour couper le pied aux replis nationalistes. Tel est le défi qui est devant nous.

Marie-Christine Vergiat

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche