Tribune pour le patriote - Réussir le changement à gauche

Tribune pour le patriote - Réussir le changement à gauche

Nous venons de vivre une campagne électorale dense et riche. Nous avons mobilisé des milliers de citoyens et d’électeurs sur la nécessité de changer de façon radicale les politiques actuellement conduites en France et en Europe.
Nous avons largement participé à la victoire de la gauche, à l’élection d’un nouveau président de la République et d’une majorité de gauche à l’Assemblée nationale.
Les résultats en termes de sièges ne sont pas à la hauteur de nos espoirs et de la formidable mobilisation que nous avons mise en œuvre. Deux fois plus de voix qu’en 2007 et deux fois moins de députés, c’est dur à avaler. D’autant plus que les Verts, par exemple, ont un résultat à peu près inverse puisqu’ils ont plus de députés avec environ deux fois moins de voix que le Front de Gauche.

Cela ne doit donc pas nous décourager pour les batailles à venir. Plus que jamais le Front de gauche doit être là pour présenter des alternatives et c’est également vrai sur les questions européennes.
Tout au long des semaines qui viennent de s’écouler, nous avons vu les dirigeants de l’Union européenne faire pression sur les choix démocratiques des peuples européens.
En France, comme je l’ai dit dans mon dernier billet, la Commission européenne est intervenue à la veille des élections législatives pour rappeler la France à ses obligations notamment au regard de la nécessité de réformes structurelles. On sait ce cela veut dire : toujours plus de rigueur budgétaire, toujours plus de privatisations, toujours plus de casse sociale. 
En Grèce, les dirigeants européens, français compris, ont fait une campagne honteuse contre nos amis de Syriza, martelant que si Syriza gagnait les élections, la Grèce sortirait de l’euro et ce, alors que Syriza partage notre volonté de lutter contre les politiques austéritaires et de conduire des politiques alternatives en Europe.
Et en Irlande, seul pays européen où le peuple doit obligatoirement être consulté sur le Traité austéritaire, c’était le Traité ou le chaos.
Les mois qui vont venir sont donc essentiels, le gouvernement français, cherche, conformément à la tradition social-démocrate européenne, à négocier des compromis notamment avec l’Allemagne. Et l’on assiste à une fuite en avant vers un fédéralisme béat.
L’Europe manquerait de gouvernance politique. Il serait temps de construire une Europe politique. Mais les propositions mises en avant se résument à toujours plus de contrôle sur les budgets nationaux en limitant de plus en plus les marges de manœuvre politique des gouvernements nationaux. L’Europe politique qu’ils prétendent vouloir construire est totalement dogmatique et vise à soumettre totalement le social à leurs paradigmes économiques.
Les déclarations de Herman Van Rompuy, Président du Conseil européen, à la veille du Sommet européen de juin, sont assez éclairantes de ce point de vue. Il annonce qu’il va faire des propositions sur les retraites pour définir un âge de départ à la retraite en fonction de l’espérance de vie. Qui osera lui dire qu’en matière de retraites, l’Union européenne n’a pas de  compétence. Là encore, il s’agit pour les Etats membres de renoncer à leurs prérogatives et les annonces du gouvernement Ayrault, aussi insuffisantes qu’elles nous paraissent, sont bien être en ligne de mire.
Cela est d’autant plus insupportable que, sur d’autres sujets, les Etats membres se crispent au contraire sur le principe de subsidiarité et leurs compétences propres. Nous venons de le voir sur la question du rétablissement du contrôle des frontières à l’intérieur de l’Union pour lesquelles les chefs d’Etats, à l’unanimité, viennent de refuser tout droit de contrôle au Parlement européen, au mépris des Traités et sur ce qu’ils prétendent être un des acquis fondamentaux de l’Union européenne : la liberté de circulation des personnes.
Non décidemment cette Europe-là n’est pas la nôtre.
Mais partout en Europe, des forces de résistance s’organisent, nous devons être à leurs côtés, nous devons aider à les fédérer et c’est notamment le sens de l’initiative citoyenne européenne que nous allons lancer avec le PGE à l’automne prochain pour exiger la création d’un fonds de développement social, écologique et solidaire à l’opposé du fonds de stabilité européen et qui nous permettra de mener le débat sur le rôle de la banque centrale européenne.
Parallèlement, nous devons continuer à mener la bataille pour exiger un référendum sur le Traité européen.
Si nous voulons que la gauche réussisse, nous devons plus que jamais nous mobiliser avec les citoyens et le mouvement social pour mener conjointement ces combats au niveau national et européen.

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche