"Triste monde !" - Travailleur Alpin

"Triste monde !" - Travailleur Alpin

Je vous invite à lire ma contribution dans le numéro du Travailleur Alpin de septembre 2018 intitulée "Triste monde !". Je l'ai écrite à la fin de l'été après deux mois marqués par les mensonges de l’entourage du président et les dérives sécuritaires qui frappent notre pays, comme par les drames que vivent les migrants et les crimes contre l'humanité dont ils sont victimes, toujours plus finissent par mourir en mer, tandis que les ONG de sauvetage sont prises pour cible par l'extrême droite.

Difficile en cette fin de mois d’août de trouver les mots pour dire l’état d’esprit dans lequel s’annonce cette rentrée.

Ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Benalla a posé un tout autre regard sur la façon de gouverner d’Emmanuel Macron. La monarchie présidentielle ne semble plus avoir de limites. Devant les commissions d’enquête de l’Assemblée nationale et du Sénat, tant les proches du président que les hauts fonctionnaires ont été nombreux à avoir menti sans aucune vergogne alors qu’ils étaient sous serment.

On peut donc se demander s’il y a encore un Etat de droit dans notre pays.

Pire, ces faits, loin d’être des « dérapages individuels » sont révélateurs des dérives sécuritaires qui frappent notre pays depuis plusieurs années et de l’augmentation des violences policières : le plus scandaleux reste qu’il ne se soit trouvé personne pour dénoncer immédiatement ces faits.

Autre épisode estival, celui de l’Aquarius et autres bateaux des ONG ballottés à travers les mers dans l’attente de la décision d’un gouvernement européen daignant les accepter dans ses ports. Le droit de la mer a-t-il encore un sens ? Emmanuel Macron n’a pas plus brillé que ses prédécesseurs dans l’accueil des réfugiés mais il s’est permis de donner des leçons à l’Italie. Or, ce pays est le plus confronté à l’accueil de ces bateaux et l’arrivée au pouvoir de Salvini et compagnie n’est malheureusement que le révélateur de l’absence de toute solidarité européenne.

Mieux, E. Macron a osé communiquer depuis sa résidence de Brégançon pour se vanter d’accueillir 65 personnes alors qu’il a fallu quatre jours à cinq gouvernements européens pour trouver une solution ; Malte n’acceptant d’accueillir le bateau qu’après avoir reçu l’assurance que les réfugiés seraient accueillis dans d’autres pays européens.

Tout cela est pitoyable. Les ONG sont de plus en plus prises pour cible par l’extrême- droite alors qu’elles font le travail que devrait faire les Etats.

Un seul chiffre devrait nous parler : le nombre de traversées diminue de façon drastique alors que le nombre de morts peine à se réduire et sera probablement en augmentation à la fin de l’année. Les politiques de fermeture des frontières rendent donc les routes plus dangereuses tant en mer que dans le désert puisque les ONG disent que le nombre de morts y est sans doute équivalent.

Ceci n’est plus supportable. Ces politiques sont racistes et xénophobes car ceux qui meurent sont ceux à qui on refusent des visas et des traversées régulières.

Ce sont des crimes contre l’Humanité qu’il est grand de temps de dénoncer.

Les prochaines élections européennes nous permettront de le faire et de montrer que là comme ailleurs d’autres politiques sont possibles basées sur la solidarité

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche