Urgence sociale, démocratique et humanitaire - chronique pour le Travailleur alpin

Urgence sociale, démocratique et humanitaire  - chronique pour le Travailleur alpin

Travailleur alpin, février 2016 : En quelques jours, la pétition des Goodyear a récolté près de 150 000 signatures. On ne peut que s'en féliciter tant la criminalisation du mouvement social est grave.

Mais, dans le même temps, la pétition « Nous ne céderons pas » lancée il y a plusieurs semaines par un collectif de plus de 100 organisations contre l'Etat d'urgence n'a reçu que 44 000 signatures .

Il n'est pas question de hiérarchiser les luttes et encore moins de les opposer mais comment ne pas s’inquiéter de cette sorte de « deux poids, deux mesures » alors que le mouvement social est et sera plus encore demain la première victime de ces politiques liberticides.

Pour s'en convaincre, il suffit de voir sur quoi a été modifiée, dans la précipitation, en novembre dernier, la loi de 1955 qui sert de base à la situation actuelle et à ses dérives.

Son article 5 énonce : « Peuvent être également interdites, à titre général ou particulier, les réunions de nature à provoquer ou à entretenir le désordre ». C’est clair non : on l’a vu pour la COP21. Et c’est cela que l’on veut aujourd’hui constitutionaliser.

De nouvelles mesures auxquelles l’opinion publique, bien conditionnée, est largement favorable, seraient indispensables. Nous serions en guerre mais contre qui sinon contre nous même. Ce climat de peur fait justement le jeu de ceux que l’on prétend combattre. La lutte contre le terrorisme est nécessaire mais commençons par faire le bilan des 15 lois votées en 30 ans pour comprendre ce qui n'a pas marché. D’abord et avant tout, la coordination des différents services concernés en France et à l’étranger et l’insuffisance des moyens humains là où ils sont nécessaires…

Il faut cesser cette fuite en avant qui va désormais piocher y compris dans la besace du Front national car chaque fois que l’on cherche à faire une copie de l’original, ce dernier sera toujours plus convaincant et l’on prépare en réalité l’opinion publique à accepter toujours plus.

Avec de telles mesures comme avec le tout sécuritaire en matière d’ immigration, chaque jour, on renonce un peu plus aux valeurs républicaines dont tant de gens désespèrent déjà.

Le plus grand défi est de continuer la bataille, de ne jamais abandonner.

Ces questions sont au cœur de notre vivre ensemble. Elles doivent être au centre de notre projet politique et ne peuvent paraître secondes car tout est lié : l’autoritarisme est le pendant de l’orthodoxie néo ou ultralibérale.

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche