Xavier Bertrand, pionnier de la délation d'Etat ?

Xavier Bertrand, pionnier de la délation d'Etat ?

Période électorale oblige, la droite n'en finit pas de rompre avec ce qui devrait continuer de faire le socle des valeurs de notre République et qui devraient donc être partagé.
Affolés par les sondages dans lesquels Nicolas Sarkozy plane au plus bas, ses leaders ne cessent de mettre en avant les mesures les plus populistes. Les voilà qui veulent faire de la "pédagogie" (sic) en dénonçant par voie de presse les fameux fraudeurs sociaux... Leur obsession...
Et ce alors que selon l'OIT près d'un quart des bénéficiaires des aides sociales n'accèdent pas aux prestations auxquelles ils ont droit et que la fraude fiscale est 10 fois supérieure.

Communiqué LDH - Paris, le 3 février 2012

Xavier Bertrand, pionnier de la délation d'Etat ?

La LDH s’insurge contre la dernière « idée » de Xavier Bertrand qui, si elle se concrétisait, serait un pas de plus dans la violation des libertés constitutionnelles : la désignation administrative de « boucs émissaires ».

Le ministre du Travail et des Affaires sociales a émis, le 26 janvier dernier, une nouvelle idée musclée pour lutter contre la fraude aux allocations familiales : les noms des fraudeurs seraient publiés dans la presse, renouant ainsi avec la condamnation au pilori des délinquants... avant l'exécution de leur peine. Cette initiative serait, selon le ministre, dissuasive, la déléguée générale de l’UMP, Valérie Rosso-Debord, estimant pour sa part qu’elle serait « pédagogique ».

Le gouvernement prétend ainsi lutter contre ce que Laurent Wauquiez, ministre lui aussi, appelle le « cancer » de l’assistanat et de la « fraude sociale », liés le plus souvent, explicitement, à l’immigration. D’ores et déjà, l’interconnexion des fichiers des bénéficiaires de prestations sociales et toutes les enquêtes indiquent que l’essentiel de la fraude provient d’employeurs qui cherchent par tous les moyens à ne pas s'acquitter des cotisations correspondant à leurs salariés.

Le projet de Xavier Bertrand s’inscrit dans une gesticulation électoraliste honteuse. Qu’un ministre en arrive à négliger l’institution judiciaire pour inventer la présomption de culpabilité et généraliser la vindicte publique relève indéniablement du registre le plus démagogique. La honte est au rendez-vous lorsqu’on imagine les suites possibles d’un tel appel au lynchage populaire

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