Mes chroniques

Chronique de rentrée

03/09/2013 - La rentrée s’annonce particulièrement difficile tant au plan national qu’international. Je ne prendrai que deux exemples.
Tout d’abord la réforme des retraites. J’ai envie de dire, on a échappé au pire et pour s’en convaincre, il suffit d’entendre les cris d’orfraie du patronat et de la droite.
Pour autant, le moins que l’on puisse dire, c’est que cette réforme est décevante notamment parce que quoiqu’en disent ses thuriféraires, la logique enclenchée par Edouard Balladur et reprise systématiquement depuis, est toujours à l’œuvre.
Plutôt que de partager le temps de travail entre les jeunes et les plus âgés, entre ceux qui ont un travail et ceux qui n’en ont pas ou pas assez, on reste dans la logique de l’« adaptation de l’âge de la retraite à l’espérance de vie », comme ils disent.

Peu importe que le chômage des jeunes ne cesse d’augmenter et atteigne des records historiques notamment dans les quartiers populaires. Peu importe que la France est le record d’Europe des seniors au chômage.

Chronique d'une eurodéputée - Plus que jamais, on ne lâche rien

Je trouve qu’en ce moment, nous vivons de « drôles » de moments politiques.
Au moment où les voix se multiplient pour dénoncer les politiques suicidaires de l’Union européenne, y compris dans les instances du FMI, nous voyons les principaux dirigeants de l’Union européenne tout comme malheureusement les nôtres, droits dans leurs bottes, réaffirmer qu’il faut plus que jamais poursuivre les réformes et ne pas relâcher les efforts. Fin avril, en écoutant ma radio matinale, j’eus la stupéfaction d’entendre coup sur coup l’ineffable Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, encourager le nouveau Président du Conseil italien, Enricco Letta, qui a constitué un gouvernement d’Union nationale alliant Berlusconistes et Démocrates, à poursuivre les réformes engagées par le précédent gouvernement (on sait ce que cela veut dire) et le gouvernement grec annoncer qu’il va supprimer 15 000 postes de fonctionnaires…  pour obtenir 9 milliards de prêts de la Troïka pour pouvoir justement payer ses fonctionnaires.

 Et quelques jours plus tard, c’était au tour de Mario Draghi, annonçant une baisse des taux de la BCE qui va essentiellement bénéficier aux banques à court terme, d’en rajouter une couche sur la nécessité de ne rien relâcher en ce qui concerne les politiques austéritaires tout en reconnaissant que « le sentiment de faiblesse de l'économie s'était encore renforcé au cours du printemps. ». Visiblement, il ne vient pas à l’esprit que c’est justement le risque de récession qui perturbe et inquiète ces fichus marchés.

Chronique d'une eurodéputée n°28 : De retour du Forum social mondial à Tunis

Au moment où j’écris ces lignes, je rentre tout juste du Forum social mondial qui s’est tenu à Tunis du 26 au 30 mars. Je veux tout d’abord vous dire combien je suis fière d’avoir participé à ce FSM dont on s’est longtemps demandé s’il pourrait avoir lieu compte tenu de la situation politique en Tunisie.
En effet, dans ce pays qui a ouvert la voie à ce qu’il est convenu d’appeler « les Printemps arabes », une part croissante de la population et notamment la jeunesse a de plus en plus l’impression de s’être fait voler sa Révolution. Et on les comprend.

L’assassinat de Chokri Belaïd, leader du Parti des Patriotes démocrates, figure populaire s’il en était, a eu un effet d’onde de choc. 1,4 million de personnes sont descendues dans la rue pour lui rendre hommage et son image nous a accompagnée tout au long du FSM.

Tribune pour le Patriote - Budget européen : Le Parlement européen prendra-t-il ses responsabilités ?

Après des mois de discussions, le Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement a adopté le 8 février dernier un budget, ou plus exactement un cadre financier pluriannuel, historique. Qu'en est-il ? Tous les 7 ans, les institutions européennes décident des grandes orientations budgétaires de l'UE. Ce rythme de 7 ans est pour le moins étonnant car il ne correspond strictement à rien au regard du fonctionnement de l'Union européenne. En effet, le rythme des institutions européennes est plutôt quinquennal puisque les élections européennes ont lieu tous les 5 ans et c'est après ces élections que les commissaires européens sont nommés ou renouvelés dans leur mandat.

Mais passons, pourquoi ce budget est-il historique ?
Parce que c'est la première fois que le Conseil adopte un cadre budgétaire en diminution par rapport aux années précédentes (908 milliards d'euros comparés aux 925 milliards lors du précédent cadre pluriannuel) et ce, alors même que la Commission avait présenté un budget en légère augmentation. Cela fait moins de 130 milliards annuel. Austérité oblige.

Chronique d'une eurodéputée n°27 - Bonne année 2013

14/01/2012 - Au seuil de cette nouvelle année, je voudrais d’abord vous présenter à tous et à toutes mes meilleurs vœux pour 2013. D’abord sur le plan personnel pour vous et vos proches car quel que soit les engagements des un(e)s et des autres, il importe que chacun(e) puisse se réaliser pleinement sur le plan personnel et bénéficier d’un environnement serein. Sur le plan politique, cette année 2013 sera d’abord et avant tout une année sans échéance électorale. Chose assez rarissime qu’il convient de relever. Ce sera aussi la première fois depuis la création du Front de Gauche et cela mérite aussi d’être souligné. Il est en effet beaucoup plus facile de faire vivre une formation politique en période électorale et depuis sa création le Front de gauche a été confronté à une séquence électorale allant crescendo depuis les élections européennes de 2009 aux élections législatives et présidentielles en passant par les élections cantonales et régionales de 2010 et 2011.

C’est donc un nouveau défi qui s’ouvre devant nous compliqué par le fait que nous avons participé à la victoire de François Hollande et que, depuis lors, le désenchantement gagne pour le moins une partie croissante de l’électorat de gauche.

Chronique d'une eurodéputée n°26 - Les enjeux européens pour les collectivités locales

Au moment où nous sortons du débat sur le Traité austéritaire, il n’est sans doute guère besoin de rappeler que la règle d’or s’impose non seulement à l’Etat nation mais aussi à toutes les collectivités territoriales comme aux hôpitaux et aux organismes de sécurité sociale.
La bataille contre l’Europe austéritaire ne fait que commencer et nous savons que nous avons besoin de la mobilisation citoyenne pour porter une alternative politique apte à nous faire sortir de la tenaille dans laquelle les gouvernements européens s’enferment refusant même d’entendre les voix extérieures de plus en plus en plus nombreuses qui disent que l’on court à la catastrophe.
Comment dès lors, ne pas me féliciter d’avoir vu le récent congrès de l’ANECR prendre cette question à bras le corps, en faire un des débats importants de son Congrès et un de ses principaux chantiers pour l’avenir.

Notre texte de congrès propose trois chemins pour refonder l’Union européenne largement inspirés bien sûr des propositions du Front de gauche :
- Le premier, démocratique, passe par le renforcement des rôles et pouvoirs des parlements nationaux et européens, l’association la plus large des citoyens et des citoyennes (thème central du congrès) et l’engagement d’un grand débat sur la refondation européenne ;

Tribune pour le Patriote - De retour de Turquie, je veux témoigner

Du 31 octobre au 7 novembre dernier, j’étais en mission dans la partie kurde de la Turquie dans le cadre d’une mission de l’ANECR (Association nationale des élus communistes et républicains) avec Dominique Adenot, notre Président, Michel Billout, sénateur de Seine et Marne et Pierre Trapier, maire de Porte les Valence.

Nous avons passé 6 jours sur place et sommes allés à Diyarbakir, Batman et Ankara. Nous avons pu recueillir de nombreux témoignages.

Avant de vous faire part de mon ressenti, je voudrais rappeler quelques éléments pour aider à comprendre la situation du peuple kurde. Ce dernier revendique son autonomie et le respect de ses droits fondamentaux depuis les lendemains de la 1ère guerre mondiale. En effet, lors du Traité de Sèvres en 1920, la création d'un Etat kurde situé à cheval sur les frontières actuelles de la Turquie, de l’Irak, de l’Iran et de la Syrie avait été actée mais la proclamation de la République turque en 1923 mis fin au beau rêve kurde.

Tribune pour le Patriote - Le prix Nobel de la Paix à l’Union européenne : Heureusement que le ridicule ne tue pas

Le Prix Nobel de la paix attribué à l'Union européenne. On aurait presque pu croire à une plaisanterie mais ce n'était pas le 1er avril et les membres du jury du Nobel sont tout sauf des rigolos.
Donc les faits sont là et il vaut mieux prendre le parti d'en rire car le ridicule ne tue pas.
C’est l’occasion de revenir un peu sur l'histoire de ce Nobel de la paix qui a souvent été attribué à de grands hommes et à quelques grandes dames.
Pourtant, il y a déjà eu quelques noms surprenants. On se souvient de Barack Obama, en 2009, tout juste  élu Président des Etats-Unis, qui n'avait donc encore rien fait pour mériter ce prix et depuis, les choses ne se sont pas arrangées. On se souvient moins de Al Gore en 2007 et de  Jimmy Carter en 2002. Plus étrange en 2005 : Mohamed El-Baradei, directeur de l'agence internationale de l'énergie atomique.

Et pire, Henri Kissinger en 1973, quelques semaines après le coup d'Etat au Chili dans lequel les USA ont joué un rôle pour le moins non négligeable.
Aujourd’hui, c'est le tour de l'Union européenne. Une reconnaissance pour avoir "contribué pendant plus de six décennies à promouvoir la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l'Homme en Europe".

Tribune pour le Patriote - Roms : Et bis repetita

Il y a deux ans, Nicolas Sarkozy dans un discours devenu célèbre sous le nom du discours de Grenoble, mettait sous les feux de l'actualité la triste situation de ceux et celles qu'en France, nous appelons les Roms.
Pour la majorité d'entre eux, roumains ou bulgares, ils sont pourtant citoyens européens mais peu importe, le Président de la République avait trouvé de faciles boucs émissaires pour tenter de faire oublier les résultats de sa politique économique et sociale.
Dans une belle unanimité, la "gauche" s'est alors mobilisée y compris dans les enceintes européennes pour dénoncer la stigmatisation collective d'un groupe de population rappelant de tristes souvenirs.

Alors voir le nouveau gouvernement utiliser les mêmes méthodes nous laisse à tout le moins sans voix. Comment accepter que les forces de police procédent de nouveau à des « démantèlements » de camps dans des conditions indignes d'un Etat démocratique. Comment tolérer que ces hommes, ces femmes et ces enfants soient jetés à la rue, obligés de laisser sur place une grande partie de leurs effets personnels. Nulle décision de justice ne demande que leurs habitats de fortune soient détruits sans ménagement y compris à coup de pelleteuse.

Chronique d'une eurodéputé N° 25: Pour une autre Europe, plus que jamais, le combat continue

Au moment où j’écris ces lignes, l’Assemblée nationale va engager la discussion sur le Traité austéritaire. Rares seront sans doute les parlementaires socialistes qui ne suivront pas la démarche initiée par le gouvernement. Nous étions pourtant 80 000 ce dimanche à marcher de Nation à la place d’Italie pour refuser ce Traité et demander un référendum. Nous perdrons sans doute cette bataille mais ce n’est qu’une étape. De plus en plus nombreux sont ceux qui refusent cette logique austéritaire en France mais aussi dans un nombre croissant de pays européens et pas seulement chez ce qu’ils appellent la gauche radicale puisque de plus en plus d’économistes expliquent que l’Union européenne va droit dans le mur et que leur incurie nous emmène tout droit vers la récession. Mais rien n’y fait, ils sont tous droit dans leurs bottes.

Le plus étonnant est d’entendre les arguments mis en avant et notamment ceux du Premier ministre qui s’est rendu au congrès des radicaux de gauche pour leur dire que «  Le vote du Parlement ne sera pas la fin de l'histoire mais que manquer ce rendez-vous serait prendre le risque de l'aggravation de la crise,  prendre une responsabilité face à l'histoire. L'ambiguïté en disant non, c'est engager la sortie de l'euro",

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche